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Sommaire

Le principe de fonctionnement d’une pompe à chaleur est le même que celui de la machine frigorifique mais l’application travaille en sens inverse.
L’objectif consiste à extraire la chaleur gratuite d’un milieu extérieur : l’eau d’une rivière, l’air extérieur, l’eau d’une nappe souterraine, … (on parle de « source froide »). Physiquement, l’air extérieur à 0°C contient beaucoup d’énergie puisque sur l’échelle des températures absolues, l’air se situe en réalité à 273° K !

L’évaporateur est à l’extérieur et la température du fluide frigorigène sera environ 5 à 8°C inférieure à la température de la source froide. L’énergie thermique captée sera « remontée » à un niveau de température utilisable (pour le chauffage de l’eau chaude sanitaire) via le compresseur : la chaleur du condenseur est donc donnée au ballon.
Bien sûr, on aura intérêt à ce que l’eau chaude soit à une température la plus basse possible. L’écart de température entre l’entrée et la sortie du compresseur doit être en effet le plus faible possible pour limiter le travail du compresseur.
| Exemple d’application.
Refroidir l’air extérieur à 0°C pour assurer le chauffage de l’eau chaude sanitaire à 45°C. Le fluide frigorigène sera à .- 5°C. dans l’échangeur avec l’air et à .53°C. dans l’échangeur du ballon d’eau. Cet écart est donc fort grand, ce qui va diminuer la performance de l’équipement. |
Qu’est-ce qui coûte dans l’exploitation d’une installation de pompe à chaleur ?
D’où la notion de rendement donné par le « COP », coefficient de performance :

COP = chaleur au condenseur/travail du compresseur = Q2 / W
Or Q2 = Q1 + W = chaleur captée à la source froide + énergie développée par le travail du compresseur (loi de conservation des énergies).
Dès lors, Q2 est toujours plus grand que W et le COP est toujours nettement plus élevé que 1.
En réalité, ce n’est pas ici une machine de conversion, de transformation d’énergie comme une chaudière, mais bien une machine qui transfère une quantité d’énergie thermique d’un seuil de température à un autre. Le COP n’est donc pas un rendement mais une évaluation de la performance du transfert.
Si l’écart entre les 2 seuils de température augmente, l’efficacité (ε ou COP) diminue.

Puisque W = Q2 – Q1, on écrit encore : COP = Q2 / (Q2 – Q1)
Si l’on considère un travail sans pertes, les lois de la thermodynamique établissent le lien entre l’énergie contenue dans un fluide (Q) et la température absolue de ce fluide (T), si bien que l’on admettra sans démonstration l’expression suivante du COP théorique :
COPthéorique = T2 / (T2 – T1) [T étant exprimé en Kelvin]
Le coefficient de performance instantané est d’autant meilleur :
Alors que l’on ne peut guère influencer la température de la source de chaleur, celle du ballon d’eau chaude sera définie par le projeteur ! Il aura intérêt à la laisser minimale.
| Exemple d’une pompe à chaleur AIR-AIR.
Soit T°ext = 0°C (= 273° K) et T°chauff. = 40°C COPthéor = (273 + 40) / (40) = 7,8 !
En théorie, la pompe fournira 8 x plus d’énergie au condenseur que d’énergie demandée au compresseur ! … (les 7/8 de la chaleur étant captés dans l’air extérieur). |
En théorie … car en pratique, plusieurs éléments vont faire chuter cette performance :
Nous n’avons pas de résultats de mesures « neutres » qui fourniraient un COP annuel sur une machine existante.
On peut imaginer à la fois que le COP est dégradé par la haute température de l’eau chaude, mais également que sa performance est élevée en été.
On pourrait interpréter les données fournies par les fabricants :
| Exemple.
Imaginons les spécifications techniques dans un catalogue
On en déduit le coefficient de performance : puissance calorifique (au condenseur) / puissance absorbée = Attention ! Ce coefficient est obtenu dans des conditions bien spécifiques ! Par exemple, en petits caractères, le fabricant précise qu’il s’agit de valeurs obtenues pour 7°C extérieur… Cette performance va s’écrouler en période plus froide. En réalité, c’est le rendement moyen saisonnier qui nous intéresse… mais celui-ci n’est jamais donné puisqu’il dépend des conditions d’exploitation. |
Dans le programme de promotion des économies d’énergie suisse « Ravel », on annonce un COP annuel de 3 pour une pompe à chaleur Air-Eau et de 4,5 si la pompe capte l’énergie souterraine, pour autant que le chauffage de l’eau soit limité à 50°C. Si le stockage est prévu à 60°C, une batterie électrique fournit le complément avec de l’électricité directe (COP = 1).
Attention au bilan final : imaginons le chauffage d’1 m³ de 10 à 60°C par une pompe à chaleur air-eau.
L’énergie nécessaire au chauffage de 10 à 50°C par la PAC sera de :
Énergie = 1 m³ x 1,163 kWh/m³ x (50 – 10) / 3 = 15,5 kWh
L’énergie complémentaire pour passer de 50 à 60°C sera de
Energie = 1 m³ x 1,163 kWh/m³ x (60 – 50) = 11,6 kWh
Le COP moyen annuel est alors de :
COP = Energie produite / Energie fournie
= [1 m³ x 1,163 kWh/m³ x (60 – 10)] / [15,5 + 11,6] = 2,15


Entre le ballon et la pompe à chaleur, différents modes de transport de la chaleur sont possibles :






Certains appareils possèdent en outre une résistance électrique d’appoint pour porter l’eau à plus haute température (55 à 60°C).
Il existe des appareils avec évaporateur statique (sans ventilateur), dont la surface d’échange est étendue.
Le raccordement électrique (disjoncteur, …) est similaire à celui d’un chauffe-eau électrique.
Il faut cependant prévoir en plus un conduit d’évacuation des condensats provenant de l’humidité de l’air.